miam

Série d’illustrations réalisées dans le cadre de l’exposition Miam, dédiée à la littérature jeunesse autour du thème de la nourriture. Une itinérance nationale.

MIAM : LES SENS

L’abandon désœuvré du dodu désarmé dans des dédales de douceurs édulcorées.

Moi, j’aime bien bouloter, me tortorer, me goinfrer. Et me laisser aller dans l’opulence du petit déjeuner. D’ailleurs je suis un peu dodu, c’est peut-être à cause de ça. Ah ! M’abandonner dans une profusion de gourmandises, être envoûté par le chant des viennoiseries,m’évanouir dans les mignardises et m’assoupir dans de voluptueuses douceurs pâtissières... Devant la cassonade, le miel, le sirop, le caramel et le nougat, mes cinq sens sont en émoi. Le sucre, c’est plus fort que moi. Tout d’abord je le flaire, je le renifle. Je suis à l’affût de toutes les odeurs édulcorées. [...] Mes oreilles aussi sont gastronomes... Lorsque le vacarme assourdissant de la vie quotidienne laisse la place au crépitement nerveux de la crème brûlée, au chuintement sourd de la chantilly, au gazouillement acidulé de la limonade... Je suis en extase ! Et il faut que je touche aussi... Je ne sais pas lutter contre le plaisir de caresser le dos bombé et moelleux de la brioche, laisser glisser mon doigt sur le glaçage velouté de l’éclair au chocolat. [...] Et même de loin, lorsque je contemple la vitrine de la pâtisserie, mon œil se régale des lignes sensuelles de la religieuse au café, s’extasie des reflets nacrés des macarons multicolores, admire la tarte aux fraises et sa rigoureuse harmonie. Ma vue se brouille. Et alors quand je goûte... Je cède à la tentation, je flanche devant tant de plaisir, je succombe face à mon maître, le sucre. Je suis désarmé. C’est pour ça que je suis un peu dodu, et ça ne changera pas.

Texte de Jean-Marc Gruard.

MIAM : LE POIREAU BIO

Max, poireau bio, pur produit de la nature et seigneur du potager

Je m’appelle Max. Je suis un poireau. Oh là, tout doux, pas un body buildé de supermarché ! Un bio, élevé en plein champ, à la cool, sans violence. [...] Une bonne exposition, une jolie motte fraîche et humide, un voisinage trié sur le volet. C’est toute ma vie. En société, je préfère la compagnie des sœurs carottes, poétesses du potager à leurs heures, à celle de l’arrogance de l’artichaut prétentieux, m’as-tu-vu surhaussé par une végétation orgueilleuse et inutile. Chez moi tout se mange, pratiquement. Il suffit d’une petite coupe sur le dessus et d’un rapide rasage en dessous, un petit rinçage et hop, bon pour la cuisson vapeur et l’accompagnement vinaigrette. Ah, j’en vois passer du monde ! [...] Ah oui, j’ai oublié de vous présenter Bernard, c’est le patron, notre jardinier. Il vient vers nous avec un énorme cageot. Et puis il tient une bêche dans la main. Youpi, c’est pour aujourd’hui ! Préparez vous les amis, voilà l’aventure qui commence. D’abord, la récolte. Ensuite, toilette rapide et embarquement en cageots et caissettes pour un petit voyage dans la fourgonnette de Bernard, destination le marché et exposition finale sur un stand de primeur. On va jouer les vedettes, c’est sûr !
Et puis, on ne sait jamais, peut-être qu’on finira tous ensemble, côte à côte, dans un cuit vapeur ou une marmite pour la soupe... Allez les copains, bonne chance à tous, redressez vos fanes et laissez vous déterrer, l’aventure commence au bout du sillon !

Texte de Jean-Marc Gruard.

MIAM : L'OGRE AFFAMÉ

L’abandon désœuvré du dodu désarmé dans des dédales de douceurs édulcorées

Un ogre affamé n’aime pas les sucreries des contes de fées. Un ogre affamé veut du concret, du solide, du « qui tient au ventre » et qui fait saliver. [...] Mais le pire de tout, c’est quand la psychologue de l’école, Madame Ravêche, t’as convoqué pendant toute la récré pour t’expliquer qu’il fallait – et je résume vite fait – « laisser aller ta part de féminité ». Texto ! Alors là, carrément et pour un bon petit moment, t’es resté bouche bée [...] tu t’es retrouvé dans la cour de l’école (à la fin de la récré, évidemment !), un beau livre de conte de fée à la tranche dorée dans tes grosses mains poilues, gentiment prêté par Madame Ravêche. « Tu reviendras me voir quand tu l’auras fini, pour qu’on en parle ! » qu’elle t’a dit... Pauvre Madame Ravêche, tu es bien retourné la voir, le lendemain (à la fin de la récré !), pour lui rendre son beau livre. Et comme elle a recommencé à t’agacer avec ses réflexions sur « ton côté sensible à exprimer », tu l’as croquée, tu en as fait ton goûter. C’est pour ça qu’il ne faut pas agacer les ogres affamés avec des histoires de princesses. [...] De toute façon ils finiront toujours par vous manger, alors...

Texte de Jean-Marc Gruard.

MIAM : ARCIMBOLDO

Arcimboldo, le peintre végétarien

Muni de sa lampe de poche, Antoine profitait de sa première nuit au Louvre en tant que veilleur de nuit. Ce n’est que vers minuit que, entendant un bruit, il parcourut plusieurs galeries au pas de course et s’arrêta stupéfait devant les lambeaux d’une toile qui lui rappela vaguement quelque chose. Sur le sol, des dizaines de fruits, de légumes, quelques feuilles d’arbres ainsi qu’une salade qui, bien que datant de plusieurs siècles semblait encore relativement fraîche. [...] Il s’essuya le front, retint sa respiration, réfléchit, regarda avec attention le puzzle qu’il avait face à lui et qu’il estima à deux cents pièces, soit « dix ans et plus ». Il aurait préféré tomber sur un motif plus facile, comme un chat, un personnage de dessin animé ou un joueur de foot, les natures mortes n’ayant jamais été sa spécialité. Mais il n’était pas un homme à renoncer facilement. Il colla, scotcha, assembla, rectifia, interchangea des lambeaux, tenta plusieurs combinaisons jusqu’à qu’il parvint à un résultat qui lui parut cohérent. Ce n’est qu’une fois achevé son ouvrage, précisément au moment de le replacer sur le mur, qu’il se rendit compte qu’il ne s’agissait pas d’une seule toile mais de quatre toiles signées d’un certain Arcimboldo et censées représenter Les quatre saisons. Plus le temps de tout redéfaire. Il prit un cartel et de sa plus belle écriture inscrivit : « Arcimboldo – Ratatouille ».

Texte de Gilles Marchand.

fourrure

Chaque année, des millions d’animaux (visons, lapins, renards, ratons laveurs, coyotes, lynx, opossums, castors, rats musqués, ragondins, loutres, etc.) sont tués par électrocution anale ou vaginale dans les élevages. Les autres, capturés dans la nature, sont noyés, piégés ou battus à mort.

crabes casse-noisettes

casse-couilles,
Qui exaspère, horripilant [Vulgaire].

casse-bonbons,
Qui importune, ennuie [Injurieux].

casse-pieds,
Qui énerve, dérange [Familier].

Histoire sans parole

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